Déclarée ville ouverte, les troupes Allemandes entrent dans Reims le 4 septembre 1914.

Après la victoire des Alliés sur la Marne (1ère Bataille de la Marne du 6 au 12 septembre),  Reims est délivrée le 13 septembre. Mais les Allemands se sont retranchés sur les forts de Brimont, Witry-lès-Reims et Nogent-l'Abesse.

La ligne de front se stabilise, c'est parti pour quatre années de bombardements sur la ville.  

 

"La journée du 19 septembre 1914 fut pour la ville de Reims, la plus triste de la semaine terrible, qui suivit le dimanche lui ayant apporté la joie de revoir les troupes françaises.

Les habitants du centre, surtout de la partie limitée par le boulevard de la Paix, les rues Cérès, Carnot, Chanzy, de Contrai et des Augustins, eurent à vivre, durant ce samedi, les heures atroces d'un bombardement infernal, avec gros calibres et obus incendiaires, au cours duquel leur incomparable cathédrale s'enflamma dans toutes ses parties donnant prise à l'incendie, tandis que brûlaient nombre de maisons, sur différents points de ce quartier.

Dès le matin, le tir des batteries ennemies commencé le 14 sur la ville et répété chaque jour, depuis sa réoccupation par nos troupes, reprend avec une intensité encore accrue et, ainsi que cela avait déjà eu lieu le 4, pendant une phase du bombardement d'intimidation qui avait précédé la prise de possession allemande, puis hier 18, la cathédrale sert souvent de but. Notre habitation, au n° 7 de la rue de la Grue, dans l'immeuble du mont-de-piété, n'en est éloignée que de cent cinquante mètres. environ ; aussi, nous faut-il, sans tarder, reprendre le chemin de la cave, trajet que nous avons dû faire fréquemment, le jour ou la nuit, au cours de la semaine."

Extrait du livre de Paul Hess "La vie à Reims pendant la guerre de 1914-1918", Ed  Anthropos.

 A retrouver sur internet : http://1914ancien.free.fr/reimshss.htm (journée du 19 septembre) 

 

"Le 19, le bombardement se fait plus violent ; l'Hôtel de Ville, le Musée, les ambulances, dont celle du Lycée de jeunes filles, le côté sud de la Cathédrale, l'Archevêché sont frappés. Vers midi, le centre de la ville est arrosé d'obus incendiaires.

Vers 4 heures, un obus enflamme les échafaudages qui encerclent la tour nord-ouest en réparation depuis 1913; le feu gagne vite les toits, dont le plomb fondu allume à son tour la paille répandue dans la nef ; en dépit des sauveteurs qui s'exposent pour les sauver, une douzaine de blessés allemands périssent dans les flammes. L'incendie embrase aussi l'Archevêché, d'ou l'on ne peut déménager ni les tapisseries, ni les collections d'objets préhistoriques, romains ou gothiques. Le temple protestant, le Bureau de mesurage des laines et tissus, flambent le long des boulevards de l'Est ; partout des foyers nouveaux s'allument et près de 14 hectares de maisons sont incendiés. Le 20, le bombardement continue avec la même violence. Après un arrêt de deux jours, il reprend; la place Royale et la rue Colbert ne sont plus que ruines."

Extrait du "Guide Illustré Michelin des Champs de Batailles (1914-1918) REIMS et les Batailles pour Reims" 1919

A retrouver sur internet : http://2batmarne.free.fr/   (cliquez sur l'onglet "1ère Bataille de la Marne" puis sur "Villes concernées par la 1ère Bataille de la Marne"). 

 

 

C'était il y a 98 ans jour pour jour.

 

 

Abside1Abside2.

La carte postale date certainement de l'immédiat après-guerre 

Retour à l'accueil